08/01/2011

Et après?

Depuis plus de 200 jours, nos élus sont dans l'impasse et par conséquent le pays avec lui.

 

Tout le monde s'émeut: la presse, les syndicats, le patronat... Et moi? Au risque d'en décevoir quelques uns, je m'en moque un peu...

 

Je suis Belge, j'en suis fier. Mais si demain la Belgique devait cesser d'exister, ou du moins dans sa forme actuelle, le vivrai-je nécessairement mal? Cela reste à prouver.

 

Bien sûr, il y a les questions économiques, la dette, la sécurité sociale, etc. Mais sur le plan symbolique?

 

Quand mes grands-parents sont nés, l'Europe n'existait pas.

Quand mes parents sont nés, la Région wallonne n'existait pas (pas plus que les autres régions et communautés).

 

Moi, sauf les premières années, celles où du reste je ne me préoccupais pas trop de tout cela, j'ai grandi dans une région - wallonne -, une communauté - française -, un pays - la Belgique -, tout cela noyé dans une Europe où se prennent 70% des décisions que les états se contentent ensuite de retranscrire plus ou moins vite selon les cas dans leur législation nationale.

 

Alors, la Belgique, que représente-t-elle pour moi? Arno? Jacques Brel? Les frites? Pas besoin d'un pays pour cela.

 

Des recherches généalogiques laissent penser que ma famille descend d'un soldat de Napoléon installé dans un village près de Gembloux.

 

Nous ne serions donc pas des "Belges pure souche"... si tant est que cela existe mais peut-être bien français.

 

Sauf que mes frères et moi avons une maladie (pas très grave je vous rassure...) qui serait originaire, ai-je appris récemment, d'une région bien précise d'Italie. Ah, nous serions peut-être bien italiens finalement.

 

Oui, bon, Européen, c'est sûr.

 

Et demain? La Belgique s'efface pour laisser la place à d'autres structures? Nous aurons toujours une monnaie (européenne...), des cours d'eau, un ciel, de belles régions vallonnées, il y aura toujours bien un gouvernement quel que soit son nom pour prendre des mesures qui permettront à notre "pays-région-province-machin-bazar" de fonctionner.

 

Est-ce la fin du monde? Tout au plus la fin d'un projet né dans l'esprit de quelques grandes familles... européennes... au milieu du 19ème siècle.

 

Ce qui me rendrait triste, et plus encore, ce serait que la tradition du compromis, chère à nos élus, ne permette pas d'en finir dans le calme mais qu'on finisse comme les Yougoslaves à s'entretuer sans trop savoir qui a commencé et pourquoi.

 

Parce que ces fameuses affirmations d'élus wallons, qui voudraient que seuls les élus flamands soient séparatistes mais pas leurs électeurs, ne tiennent pas la route quand après plus de trois ans de crise institutionnelle (20 ans diront certains), on prédise un plus grand succès encore à la N-VA en cas d'élections anticipées. Si les électeurs n'étaient pas séparatistes, il y a longtemps qu'ils seraient descendus dans la rue pour dire à Bart "Ça suffit".

 

Alors si demain la Belgique de papa n'existe plus, est-ce que cela m'empêchera d'aller dire bonjour à mes amis à Bruxelles (région à part entière ou pas)? A prendre des vacances à la Côte? A côtoyer des flamands à Durbuy lors d'une sortie moto? Que nenni! J'aurai juste une nouvelle carte d'identité, au format... européen.

 

Benoît

16:23 Écrit par Beno | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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