07/08/2008

Y a-t-il UNE presse?

J'étais en juin dernier président de jury d'un étudiant en RP qui disait, au retour d'un stage en Chine, que la presse nous manipulait. Il parlait du Tibet et nous n'étions bien sûr pas d'accord. Sur le Tibet. Sur la presse également car il parlait de LA presse, comme si l'ensemble des médias était un bloc monolithique, parlant et agissant d'une seule voix.

L'actu judiciaire prouve une nouvelle fois que non, tous les médias ne fonctionnent pas de la même façon.

Exemple par l'image avec le dernier rebondissement dans l'affaire Maddie. Elle aurait été enlevée par un réseau pédophile belge. C'est ce qu'affirmeraient - sans le prouver - certains policiers britanniques.

Le Soir:

lesoir

La Libre:

llb

La DH:

dh

RTL Info:

rtl

Si le Soir emploie le conditionnel ET un point d'interrogation, La Libre Belgique réagit en deux temps: premier temps affirmatif "Maddie victime d'un réseau pédophile belge" puis peu après on met un bémol: "Pas d'information sur un réseau pédophile belge".

La DH ne s'encombre pas de balises: pas de conditionnel, pas de point d'interrogation dans le titre. La police le dit (ou plutôt une partie de la presse britannique dit que la police le dit) donc c'est vrai.

Idem pour RTL qui, en guise de preuves?, met la une d'un journal britannique.

Chacun est libre d'acheter la presse qu'il veut... mais je resterai abonné au Soir!

13:54 Écrit par Beno dans Général | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

Petit rectificatif : la libre met un point d'interrogation à son premier titre. Le point d'interrogation a simplement disparu du lien, mais ce lien n'a été inscrit qu'en deuxième temps lors de la publication de l'article "Pas dinformation sur un réseau pédophile belge"

Écrit par : deborah | 08/08/2008

Penses-tu vraiment que le vulgus pecum qui achète/lit la presse s'attache à ce genre de détail ? (je parle de la ponctuation dans les titres)

D'autre part, crois-tu vraiment que les gens sensés ne soient pas capables de faire la part des choses à la lecture des corps rédactionnels ?

Un titre est fait pour vendre, donc pour accrocher.
Après, dans le développement, on peut creuser, fouiller, approfondir.

Les "limités" s'arrêteront au premier degré, qu'il y ait ou non un point d'interrogation à la une.

Les "raisonnables" ou - disons - "un peu plus intelligents, pondérés, qui ont de la jugeotte, pas poujadistes - bref, tu as compris le message" seront de toute manière capable de faire la part des choses à la lecture du document (d'autant qu'en règle générale, ils ne se contentent pas d'un unique son de cloche), qu'il y ait ou non, ici aussi, une ponctuation déviante ou suggestive dans le titre.

Alors, où est le problème ? Celui qui ne veut/peut pas voir s'arrêtera à l'affirmation; celui qui peut/veut fera le tri entre le bon grain et l'ivraie.

Que le titre soit (délibérément) trompeur ou conditionnalisé n'y changera rien...

Moi, ça ne me dérange pas qu'il y ait traitement différencié, voire biaisé de l'info : il faut de tout pour faire un monde et de toute manière, je consulte au moins 5 sources, au plan national et à l'étranger, quand je veux creuser un article qui m'intéresse. Les medias grand public sont aujourd'hui à ce point accessible que celui qui veut se donner la peine de recouper ses infos peut le faire pour pas un balle (ou presque) - il suffit de le vouloir et d'y passer un chouia de temps...

Sur ces bonnes paroles, le travail n'attend pas (d'autant que c'est jour de reprise).

Bonne journée à toi

Écrit par : Pacotille | 11/08/2008

"capables", "médias" et "accessibles"
Bien sûr ! Foutue micro-case (bis repetita placent)

Écrit par : Pacotille | 11/08/2008

Les commentaires sont fermés.