05/02/2008

L'homme révolté

Le Soir publie aujourd'hui une carte blanche du président de la bourse de Bruxelles.

Bel exercice de com' qui au premier regard donne une impression d'humanité.

A lire ici: http://www.lesoir.be/forum/cartes_blanches/carte-blanche-...

En bref, El Presidente évoque le cas d'un homme arrêté sur le dôme de la Bourse de Bruxelles alors qu'il tentait de déplier un drap sur lequel était écrit "Make capitalism history".

Extrait:

"C’est à toi, l’homme dont je ne connaîtrai jamais le nom, que ces lignes sont dédiées"

"j’étais éberlué par les coïncidences et troublé par cet étrange sentiment d’avoir vécu un moment singulier"

"Un peu comme si les quelques secondes passées ensemble m’avaient projeté dans le monde de l’adolescence, le temps où l’insouciance rend les rêves accessibles, l’époque qui précède les tempêtes de la vie et les désillusions."

On se dit: ouah, le président fait son coming out? Il réalise qu'il y a une vie en dehors de ses certitudes? Las, il n'en est rien...

On arrive vite au moment où le président se ressaisit:

"Etant seul au travail ce samedi-là à la Bourse, je me suis retrouvé moi-même sur l’étroite corniche du bâtiment..."

Je travaille moi monsieur, le samedi! Et JE me suis retrouvé sur le toi... moi-même pour ceux qui n'auraient pas encore compris.

Mais il doit bien rester concentré le président, s'il veut qu'on lui accorde notre attention jusqu'au bout: il revient donc à la sensiblerie, à la complicité qui unit le révolté et le président.

"Et c’est alors que tu étais ceinturé dans l’ascenseur que nos regards se sont croisés, avec respect."

Respect... comme l'insulte que tui lui assènes juste après, à cet homme prêt à mourir en escaladant les toits de la Bourse pour délivrer son message?

"Tu ressembles même étrangement à Jérôme Kerviel, ce jeune arbitragiste qui aurait fait exploser les activités de courtage de la Société Générale française."

En quoi lui ressemble-t-il? Les menottes dans le dos peut-être?

Allez, tu m'as bien énervé, je laisse les lecteurs découvrir la suite par eux-mêmes, tes références condescendantes à Greenpeace et à l'altermondialisme ainsi que l'appel à l'aide lancé à Camus pour en arriver à ta conclusion, qui montre que vraiment, tu n'as rien compris et que vous n'avez décidément rien en commun, toi et ce jeune homme arrêté le 26 janvier sur le toit la Bourse:

"Tes idées ne sont pas réalistes car le capitalisme est l’ordre naturel des communautés humaines. Ton acte est punissable. La Bourse est indispensable à l’économie : elle formule la valeur et fonde l’appel au capital à risque."

Tu peux le penser mais sois bien sûr que des millions de personnes ne partagent pas ton avis, qu'heureusement, si importante soit l'économie dans le monde, elle ne vit pas uniquement grâce aux Bourses, traders et autres spéculateurs mais grâce à des personnes qui produisent des biens, les vendent, les achètent. Ca, c'est le monde réel. Notre monde. Pas celui où on l'on perd (ou gagne) 5 milliards en un coup de dé. Pas celui où des sociétés qui ne produisent RIEN sont valorisées à 15 milliards de dollars*.

Benoît

 

* Ce n'est pas un chiffre en l'air: il s'agit là de la valorisation de Facebook, suite à l'achat de 1,6% des actions par Microsoft pour 240 millions de dollars

17:15 Écrit par Beno dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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