03/02/2008

Départ de Kathryn Brahy

Kathryn Brahy, journaliste politique d'RTL, a pris un congé sans solde pour poser sa candidature au poste de la délégué(e) général(e) Wallonie-Bruxelles à Kinshasa.

Choix courageux car d'une part, il s'agit d'une candidature (elle n'est donc pas certaine d'être désignée), d'autre part pour un mandat de quatre ans.

Quid dans quatre ans?

RTL répète à l'envi qu'ils fonctionnent différement de la RTBF (où les cas sont nombreux de retour à l'antenne après un interval politique*) et il est plus qu'improbable que Kathryn Brahy revienne couvrir l'actu politique dans 4 ans. Si toujours elle est désignée. La situation serait pire encore si le gouvernement devait désigner un autre candidat car dans ce cas, non seulement elle aurait perdu sa crédibilité à RTL mais n'aurait pas de point de chute.

Choix d'autant plus courageux donc: certains auraient probablement attendu d'être désignés pour l'annoncer (limitant ainsi les risques professionnels). Son honnêteté l'honore.

Sans être fan d'RTL, je dois dire que je ne suis pas étonné: Kathryn Brahy est certainement, avec Fabrice Grosfilley, une des personnalités qui tirent vers le haut une image que d'autres tirent vers le bas (Pascal Vrebos par exemple).

Deux choses m'énervent (nous y voilà...) dans le choix posé par Kathryn Brahy.

1. La couverture qu'en font certains médias

Un exemple: page 43 du Soir de samedi: "Kathryn Brahy prendra ses quartiers de déléguée à Kinshasa dès septembre prochain"

NON!

Comme dit plus haut (et Kahtryn Brahy le précise elle-même à chaque fois qu'elle est interviewée), elle est candidate à ce poste! 

Le CGRI-DRI va instruire le dossier (l'appel à candidatures s'est cloturé jeudi**) et la Ministre Simonet (CDH***) désignera ensuite les "heureux élus", à Kinshasa mais également dans toutes les délégations (Paris, Québec, Santiago,...).

Or Kathryn Brahy n'est pas la seule candidate: au moins un candidat a été cité par la presse pour Kinshasa, Dominique Weerts. Ancien responsable du CNCD, cadre du CDH et pour l'anecdote, né à kinshasa. Sans conteste un beau profil.

Dominique Weerts qui voit d'ailleurs peut-être d'un mauvais oeil la concurrence de Kathryn Brahy mais il ne s'agit ici que de supposition :-).

Donc, deux candidats au minimum: laissons l'administration et la ministre faire leur boulot et on verra ensuite si oui, Kathryn Brahy prend ses quartiers à Kin en septembre. Ne brûlons pas les étapes svp.

2. L'aspect politique des nominations

Bien qu'un appel officiel soit paru sur le site Internet du CGRI, il semble accepté par tous que le gâteau sera partagé par les partis (majorité comme opposition puisque le MR brigue le poste à Québec): CDH à Kinshasa, PS à Paris****,...

Rien de vraiment étonnant là-dedans: cela fonctionne également ainsi pour la désignation des Ambassadeurs et autres postes-clés dans les hautes sphères.

Ce qui m'étonne davantage, c'est de voir une journaliste politique banaliser cet état de fait: "le fait qu'ils se répartissent les postes - "l'équilibre politique" que vous (Le Soir) avez illustré vendredi, c'est leur affaire" .

Je suis moyennement d'accord avec cette affirmation: pourquoi faire un appel public dès lors? A quoi bon susciter des candidatures, faire perdre du temps aux candidats... et à l'administration?

Et surtout, comment une journaliste qui a mis un point d'honneur à conserver son indépendance journalistique malgré son amitié avec la présidente du CDH peut aussi vite trouver banal que des nominations soient politiques?

Benoît

 

* Ceci est évidemment très relatif car les parcours d'Hakima Darmouch et Pascal Vrebos ne sont pas des exemples de neutralité... 

** Finement joué car elle annonce sa candidature le 31 janvier fin de journée: elle sait ainsi qu'il est trop tard pour susciter des vocations autour d'elle. 

*** Ministre CDH, chargée de faire un choix entre deux candidats CDH: un issu du sérail et au profil intéressant, l'autre issue de la presse, qui a toujours (aujourd'hui encore) prétendu ne pas être CDH mais est une amie proche de la présidente... Bon amusement!

**** Le Soir évoquait le nom de Jean-Pol Baras. Après Florence Coppenole et Frédéric Delcor (pressenti pour succéder à H. Ingberg), on assiste une nouvelle fois à une "fuite des cerveaux", celui d'Elio Di Rupo en l'occurence. 

11:04 Écrit par Beno dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

Suréalisme Découvrez-vous la politisation généralisée de nos institutions publiques et para-publiques ? ... Un système dans lequel les partis traditionnels (PS-MR-cdH) y retrouvent parfaitement leurs comptes. Alors pourquoi changer de logique ??? Vivement le grand nettoyage de 2009, et le retour aux affaires de candidats éthiques dans les actes (et pas uniquement dans la parole) ...

Écrit par : Jean-Michel | 03/02/2008

Euh... Jean-Michel, on ne doit pas lire la même chose dans mon texte...

1. Je ne découvre pas la politisation généralisée
2. A moins de mettre Ecolo en majorité absolue, je ne vois pas comment vous pourriez changer la donne en 2009 car PS, CDH mais aussi MR jouent dans la pièce. MR qu'on entend plus quand il s'agit de critiquer la politisation d'un poste d'huissier au parlement wallon que quand il s'agit de négocier celui de délégué général à Québec.

Je m'étonne juste ici de voir une journaliste changer si vite son regard sur cette politisation: en 24h, on passe du regard critique, caustique et sans concession à celui complaisant, compréhensif.

Écrit par : Benoit | 03/02/2008

Les commentaires sont fermés.