18/10/2007

Belgacom 2.0

Belgacom épisode 1.

Ce matin, on apprend que le personnel de Belgacom va recevoir une augmentation.

Le Soir titre "Augmentation historique chez Belgacom", de quoi faire penser au lecteur que l'employé va s'en mettre plein les poches. Il suffit de faire le tour de certains sites pour voir que le "client" s'estime victime de cette augmentation, selon le principe du cochon-payeur. 

Un peu de recul et on remarque que cette augmentation -annuelle - est de 400 €, qu'elle est brute et qu'il s'agit de la première augmentation depuis 15 ans. Bref, pas de quoi fouetter un chat!

 

Belgacom, épisode 2. 

A 19h, Le Soir toujours nous apprend que Belgacom va rémunérer ses actionnaires.

De 400 € bruts?

Ah non, le calcul a du être différent: 400 millions €.

Pendant ce temps, Belgacom - comme toutes les grandes entreprises - répètera au moment des voeux, des incentives et dans le journal interne que le premier capital, c'est le capital humain, que l'entreprise ne serait rien sans le dynamisme de son personnel, bla bla, bla bla, bla bla. *

Notez au passage que le site de Belgacom parle des 400 millions, pas des 400 €. 

 

* Un extrait du site Internet: "Des collaborateurs compétents, motivés et orientés vers les résultats constituent un des ondements indispensables au maintien de notre position de leader dans un tel environnement. "

20:24 Écrit par Beno dans Général | Lien permanent | Commentaires (13) |  Facebook |

Commentaires

Ta présentation est parfaitement biaisée : les 400 millions sont avérés, mais il s'agit d'un montant global.
En regard, tu parles de 400 euros d'augmentation pour les salariés. Ces 400 euros sont un montant individuel. Combien y a-t-il de salariés chez Belgacom ? C'est le chiffre multiplié que tu dois mettre en regard.

2e biais : tu insistes sur le fait qu'il s'agit de 400 euros bruts, mais tu oublies de dire que le dividende global de 400 millions, c'est AUSSI avant taxation (même si, je le concède, le taux n'est pas identique).

Tout est dans la manière de présenter les choses - et ici, c'est un peu spécieux.

... et personnellement, je ne suis pas d'accord avec ce que tu mets dans la bouche de Belgacom à la fête de fin d'année, à savoir que le capital le plus précieux, c'est le capital humain.

Non, il n'y a pas de prééminence à distinguer : le capital humain est ultra-précieux, c'est un fait. Mais regarde l'Afrique, où tu as un capital humain à n'en savoir que faire... mais pas de capitaux pour faire tourner l'économie. Résultat ? Bulle ! Que dalle !

S'il faut des hommes pour faire tourner le monde, il faut AUSSI des capitaux financiers pour lancer et entretenir l'économie. Et ces pourvoyeurs de fonds sont TOUT AUTANT à respecter que le personnel (tu remarqueras que je dis TOUT AUTANT, et pas plus : chacun doit être mis sur le même pied, proportionnellement à son apport dans la société. Dans ce sens, un dividende par action est la meilleure rétribution possible, puisque plus je risque de billes en achetant des actions dans la société, plus je bois le bouillon si ça coule et plus je suis récompensé si ça marche.

... et pour anticiper ce que je te vois cogiter, j'irai même plus loin en disant que dans toute société commerciale, une part de la rémunération devrait être constituée d'actions de la société même (même pas de stocks options, mais des actions directes, pures et dures) : cela impliquerait chacun dans le devenir de son outil de travail, à la fois par la volonté de le faire fructifier, mais aussi, en tant qu'actionnaire, par la possibilité de peser sur les décisions de l'entreprise lors de l'AG - il suffirait d'une mobilisation suffisante des travailleurs-actionnaires pour influer (quand il s'agit de faire grève, qui est une action "négative", ils y arrivent bien; pourquoi n'en serait-il pas autrement s'ils faisaient partie d'un conseil d'administration ?).


Allez, bon week-end tout de même...même s'il risque de faire un peu frisquet pour la chasse aux champignons

Écrit par : pacotille | 19/10/2007

... pourquoi en serait-il autrement..., bien sûr (2 négations s'annulant) !
(;o))

Écrit par : pacotille | 19/10/2007

voyons... qu'est-ce qui est plus choquant, la rémunération d'actionnaires, ou, par exemple, au hasard, les magouilles d'un anselme, l'exclusivité d'un onkedaele sur toutes les affaires de l'état grâce à sa femme ministre, la rémunération des mandataires publics, les 130 administrateurs publics rémunérés pour des intercommunales de 250 employés, le parachutage d'une onkelinx à l'iris dont les comptes ont déjà été plombés par l'incompétence, le gaspillage, et les magouilles de votre administrateur cumular, un ambassadeur nommé à la fesse et détournant de l'argent, ou encore mon favori, Robillard, qui détournait de l'argent destiné à l'AWHIP, l'agence d'insertion des handicapés.

IL PIQUAIT LE BLE DES HANDICAPES!!!

ET VOUS NE L'AVEZ MEME PAS SANCTIONNE! IL EST PARTI A LA RETRAITE AVEC ARRIERES DE SALAIRE! VOUS NE L'AVEZ MEME PAS SANTIONNE SYMBOLIQUEMENT, en lui retirant sa carte de parti par exemple!

TRUANDS!!!

Écrit par : onkelope | 19/10/2007

Juste pour info même s'il est toujours possible que des noms soient utilisés par différentes personnes,
le terme "onkelope" est aussi le terme utilisé par un certain Alex, notamment sur le blog d'Alain Destexhe :
Sur http://destexhe.blogs.com/blog2007/2007/05/le_dbat_royalsa.html
Dur dur déjà le journal de la rtbf hier, ou l'on avait droit à une séquence sur les mérites de ségo et une sur les défauts attendus de sarko. Ca donne le ton. Le journal parlé a approfondi évidemment le contraste, enamourés qu'ils étaient de la perf de leur championne.
Sarko n'avait manifestement pas préparé la question des handicapés, que cette ONKELOPE lui a sorti en plein de la poire, alors que mon figaro de ce matin confirme que la droite a en effet réparé les mesures-cacaille que la gauche avait mis en place.
L'instrumentalisation de la question des handicapés a bien été effectuée, mais pas par celui que l'on croit, voyant comme la question avait été préparée...
http://www.lefigaro.fr/election-presidentielle-2007/20070503.WWW000000004_handicap_la_colere_de_royal.html
Rédigé par: alex | le 03 mai 2007 à 10:30

Écrit par : deborah | 19/10/2007

Merci deborah pour ce très intéressant commentaire, qui a le mérite de nous permettre de lire la prose pertinente de cette personne. Et continue à te cultiver sur le blog de destexhe.

Écrit par : pacotille | 19/10/2007

Je ne répondrai qu'à ceux qui ont envie que je réponde, ça me fera gagner un temps précieux.

Pacotille, tu as raison sur le terme brut que j'aurai du employer également pour les millions des actionnaires.

Cependant, tu reconnaitras qu'une augmentation de 400 €, la première depuis 15 ans, c'est peanuts. De plus, j'ai oublié de le préciser: c'est un projet donc encore incertain! Les 400 millions eux sont bien certains.

Ok, il faut des capitaux pour faire tourner une entreprise, l'humain ne suffit pas. Mais peut-on traiter ainsi son personnel, lui dire tous les ans qu'il est impossible de revoir son salaire car cela mettra à mal la viabilité de la société (j'ai travaillé dans une filiale du groupe... je sais de quoi je parle) et entendre en même temps que l'actionnaire engrange des millions?

Et pour répondre à ta première question, je ne sais pas combien il y a d'employés chez Belgacom... mais certainement pas un million (ce qu'il faudrait pour arriver au chiffre de 400 millions).

Enfin, tu dis - pensant à tort que je ne serai pas d'accord avec toi - que la rémunération doit être en partie liée à la valeur de l'entreprise. BIEN SUR! Je signe des deux mains car si tu prends l'exemple de la grève ou l'employé a une action négative, je prendrai l'exemple des plans sociaux où on gèle les salaires ou pire, les diminue QUAND l'entreprise va mal... mais où on n'augmente pas ces mêmes salaires quand l'entreprise va mieux...

Il y a encore du chemin à faire pour mettre d'accord des personnes motivées par des challenges différents: boucler le mois d'un côté, maximiser son profit de l'autre.

Écrit par : Benoît | 19/10/2007

Ton argumentaire se tient sur nombre de points.

Je disais que tu ne penserais pas comme cela simplement parce que j'anticipais une objection à mon raisonnement (à laquelle j'avais personnellement pensé - mais je n'allais tout de même pas te la servir sur un plateau...(;o))

De fait, il n'y a pas 1 million de salarié chez Belgacom (ou alors, ça se saurait ! on n'est pas chez Largo Winch, tout de même !).

Je ne sais pas comment on traite le personnel chez Belgacom, mais si c'est comme les clients, ce ne doit pas être fameux.
Et c'est sans aucun doute cynique, mais si on soigne mieux les actionnaires que le personnel, c'est parce qu'un actionnaire est, par définition, beaucoup plus volatile qu'un salarié : les décisions de l'entreprise ne me plaisent pas ? Je vends. Le dividende n'est pas assez ventru ? Je vends.
Si tout le monde réagit comme cela, on aura beau avoir conservé son personnel, l'action ne vaudra plus rien (loi offre/demande... classique !) et la firme va droit dans le mur.
Par contre, par les temps de chômage qui courent, un membre du personnel préférera sans doute écraser plutôt que claquer la porte et perdre sa source de revenus.

En résumé, c'est un peu "mieux vaut peu que pas du tout" pour l'employé, et "mieux vaut un peu trop que tout juste pas assez" comme raisonnement de l'entreprise à l'égard de ses actionnaires.

Je le répète, c'est cynique, mais c'est comme cela. Et c'est précisément en "chaussant" les deux casquettes que l'on peut rééquilibrer le tout : devenir actionnaire de sa propre entreprise permet de regagner d'une main ce qui n'est pas donné au personnel de l'autre.

Evidemment, cela ne fait pas nécessairement l'affaire de celui qui a de la peine à nouer les 2 bouts en fin de mois - mais c'est un autre débat...

Pour le reste, je précise que mes 2 seuls messages sur ce post sont les réponses 1 et 2 (la correction) à ton post initial. Le reste, c'est encore de la zuzurpation.

Bon après'm

Écrit par : pacotille | 19/10/2007

"Je ne répondrai qu'à ceux qui ont envie que je réponde, ça me fera gagner un temps précieux."

Et puis c'est teeeellement commode. Ouh, c'est teellement plus facile que de voir la réalité en face, je suis membre d'un parti qui couvre des gens qui volent les handicapés...

TRUANDS!

Écrit par : deborah | 19/10/2007

évidemment, c'est un million de salariéS et il n'est absolument pas question de coq, poule ou autre gallinacée : c'est de volatil qu'il s'agit, sans "e" final !

C'est tout de même embêtant de devoir poster pour relire avec une vue d'ensemble !

Écrit par : pacotille | 19/10/2007

Je ne suis pas socialiste, mais j'approuve Benoît dans ce cas-ci! Chers Pacotille et Benoît,
Pacotille pèches par omission en ne tenant pas compte du capital investi par travailleur.
Un cabinet d'avocats a peu de machines mais beaucoup de valeur ajoutée par son personnel. Une entreprise de forage pétrolier aura beaucoup de machines onéreuses et devra assurer un risque politique (les pays qui pratiquent parfois des "étatisations" sans indemnisations), mais peu de travailleurs.
La juste répartition des rémunérations du travail et du capital ne seront pas les mêmes dans les deux cas de figure.
Pour Belgacom, les lignes téléphoniques sont amorties depuis longtemps et les investissements dans la modernité modestes (en pourcents de capital), je crois...
Surtout si le nombre d'employés dans une société n'est pas un objectif pour les actionnaires, je comprends très bien le point de vue de Benoît dans le cas qui nous occupe...
Amitiés
P.S. "Reprendre" les fautes vénielles de français n'est pas très courtois.

Écrit par : Armand | 20/10/2007

Cher Armand,

Ce n'est pas de courtoisie qu'il s'agit, mais de correction... puisque je corrige mon propre post. Et je pestais contre les microscopiques 5 minuscules lignes dont on dispose "en visuel" à l'écran pour dactylographier et relire ses posts... Ce serait tout de même moins fastidieux d'avoir une fenêtre correcte - et les moyens techniques (hors contraintes publicitaires...) doivent bien exister.

Sur le fond du problème, dans une hypothèse identique (pour permettre la comparaison) à chiffre d'affaires égal (et hors risque circonstanciel, qui est un facteur exogène), une entreprise à main-d'oeuvre intensive, une société à infrastructure onéreuse ou une firme à "cerveaux" brillants - et donc cher auront toutes les trois besoin d'un capital de départ important, l'une pour payer moins (l'engagement de) ses multiples travailleur, l'autre pour couvrir ses investissements infrastructurels de départ, la troisième pour attirer ses grosses têtes par un package salarial attractif.
Dans les trois cas, la mise de départ est prépondérante - car sans elle, il n'y a pas de départ d'activité (au sens de "départ de feu").

En revanche, la situation diffère quand le train est sur les rails et que l'on examine la situation d'exploitation. Toujours à considérer une hypothèse d'égal chiffre d'affaires, on peut conclure que la firme à grosses têtes devra avant tout veiller au "bien-être" (pécuniaire) de ses salariés, car c'est en eux que réside toute la plus-value (il n'est d'ailleurs pas rare, dans ce genre de boîte, qu'il y ait participation des cadres au capital, ce qui revient à la situation que je préconisais).
Dans la boîte à forte infrastructure et à faible main-d'oeuvre, c'est le facteur "technique" (risque de pannes,...) qui prime sur l'humain, le phénomène de l'amortissement adoucissant la note. On peut donc considérer ici, étant donné la main-d'oeuvre plus modeste en nombre, que les gestionnaires constituent trois parts de gâteau dévolues respectivement à la rétribution du capital, à l'entretien/remplacement des machines et au personnel.
En revanche, dans les industries à forte densité de main-d'oeuvre, généralement faiblement qualifiée, en situation de non-plein emploi comme on en connaît dans nos contrées, les gestionnaires n'ont pas d'intérêt particulier à soigner leur personnel aux petits oignons puisque l'offre de main-d'oeuvre non spécialisée est supérieure à la demande. Donc, tant faire qu'à rétribuer, autant que ce soit en priorité le capital, ce qui renforce le cours de l'action et donc la notoriété de l'entreprise.

C'est peut-être cynique (je l'ai dit, je pense), mais c'est un schéma que l'on retrouve grosso modo dans la réalité.

Quant à savoir dans quelle catégorie classer Belgacom, c'est une autre histoire. Historiquement, vu ses antécédents d'opérateur historique para-public (où, selon la légende, quand il fallait enterrer un câble, il y en avait un pour creuser et 4 pour tenir les piquets de la tente... d'où pléthore de personnel plutôt planqué et pas spécialement qualifié - mais un peu dégraissé depuis la privatisation), je pencherais pour la troisième catégorie.

Maintenant, les NTI aidants (quoique Belgacom ne soit pas spécialement à la pointe du progrès à ce niveau), cela vient un peu bouleverser la donne.

Cela dit, il ne faut pas prendre le Belge (ou autre) pour un béni-oui-oui. Combien sont-ils, depuis l'avénement d'Internet, à "chipoter" en Bourse en ligne ? Et à s'inscrire dans le paradoxe suivant : salarié, je réclame une revalorisation de mon salaire. Boursicoteur du soir, je veux avant tout que mes choix me rapportent.

Dénominateur commun : plus de fric.
Problème : le "fric" en question n'est pas doué d'ubiquité. Quand il sert à rémunérer les actionnaires, il ne va pas aux travailleurs.
Et vice-versa.

D'où l'idée de coupler les deux : travailleur-actionnaire de ma propre entreprise, outre une motivation à lui faire afficher de bons résultats, cela me ferait au moins gagner sur un tableau - voire sur les 2 car, dans le cas de Belgacom, le salarié qui possède effectivement des actions Belgacom gagne sur les 2 tableaux. CQFD

Cela dit, je concède bien volontiers que chaque situation, chaque société présente des particularités situationnelles qui lui sont propres... Mais globalement, si j'estime qu'un juste travail doit être rétribué ET récompensé justement, l'apport d'un capital doit AUSSI l'être, PRO RATA.

Amicalement,

Écrit par : pacotille | 21/10/2007

Cher Pacotille,
Je n'aime pas polémiquer.
Bon dimanche!

Écrit par : Armand | 21/10/2007

Je tombe dessus par hazard et ce thread est peut etre mort, mais il me semble modestement que, comme souvent, on mélange raisonnement éthique et economique. Par exemple, il n'est pas nécéssairement juste que la rémunération des action soit au pro rata du capital investi. On peut trouver de nombreux exemple d'investissement inutile. Il est trés difficile de savoir qui ou quoi rapporte combien dans une société de service. Combien rapporte un ordinateur? Les gains de productivité? Comment les mesurer? A l'augmentation du chiffre d'affaire? Mais si on a plus vendu, comment etre sur que c'est l'ordinateur et pas la situtation du marché? Ou le nouveau représentant? Etc etc.

Écrit par : Pascal Warnimont | 12/01/2008

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