28/08/2007

Selon que vou serez...

Grande leçon de journalisme donnée par le quotidien Vers L'Avenir ce matin.

Vendredi, Joëlle Milquet et Sabine Laruelle se trouvent à la RTBF. L'ambiance est électrique et - cela reste à prouver - Joëlle assène un vibrant "pétasse" à Sabine.

Tiens, cela me rappelle la poésie de Jean-Claude Vancauwenberghe vis-à-vis d'une journaliste de la RTBF.

Je précise d'emblée que cela reste à prouver non pas pour défendre d'une quelconque manière Joëlle Milquet mais simplement parce qu'il n'existe pas d'enregistrement et que la principale intéressée s'en défend. De toute façon, je m'en fiche un peu.

Ce qui m'interpelle par contre beaucoup plus, c'est le traitement journalistique de cette "affaire".

Quand un vieux crocodile socialiste ose ce terme fort peu élégant, la presse en fait des tonnes, n'y voit pas un fait isolé mais au contraire la preuve que JCVC est un homme irrespectueux, prétentieux, impoli et j'en passe.

Quand une présidente CDH ose ce terme, toujours si peu élégant, que dit Vers L'Avenir? Que la dite présidente était "fatiguée par une nuit de négociation".

Gloups: vous avez bien lu!

Cette différence de jugement est-elle due au fait que

- l'un soit socialiste et l'autre CDH?

- l'un soit un homme et l'autre une femme?

- l'un se soit adressé à une journaliste et l'autre à une politicienne?

Peu importe la raison: le journaliste professionnel (au contraire des chroniqueurs en herbe que sont les bloggeurs comme moi notamment) doit avoir une exigence dans l'analyse qui, si elle n'atteint pas l'objectivité parfaite, doit au moins s'en approcher.

Et le mot "pétasse", qu'il soit prononcé par un homme ou une femme, reste un mot injurieux et inacceptable de la part d'un "homme" politique. Si on trouve des circonstances atténuantes telles que la fatigue, ces circonstances doivent s'appliquer à tous et peut-être même le journaliste devrait en arriver à la conclusion que cet épiphénomène ne mérite pas qu'on s'y arrête.

Et si enfin les journalistes méritent d'être respectés (je suis le premier à l'affirmer) dans le cadre de leur activité professionnelle, il en va de même pour les politiciens (même ceux du MR!).

Vers L'Avenir, je vous délivre un carton rouge!

Benoît

Commentaires

deux... deux cartons rouge

Écrit par : deborah | 28/08/2007

Comme nous sommes tous des commentateurs amateurs, je me fendrai pour ma part de ce petit commentaire parfaitement subjectif - ce qui ne préjuge en rien de l'opportunité de traitement différentiel d'une même expression dans le chef d'un journaliste professionnel.

Il me revient, lorsque j'étais pré-ado, être passé, une nuit de départ en classes de neige, par la bientôt défunte gare de Guillemins où nous dûmes attendre 2h un convoi en retard. Le pied de grue ne seyant pas à ces ados surexcités que nous étions, nous fîmes un tour dans le coin - et empruntâmes la rue Varin de coquette réputation.
Les flashes de souvenir qu'il m'en reste impriment dans ma mémoire l'image d'accortes dames dont le maquillage outrancier (je ne parlerai pas de l'aspect vestimentaire) me rappelle étrangement celui qu'arbore Miss Non-Non en toute occasion.
Je doute par ailleurs que le physique de Mme Laruelle évoque cette sympathique rue passante dans l'esprit du plus obtus des chroniqueurs !

Autrement dit, si la remarque de Joëlle est avérée, cela ressemble très fort à cet adage enfantin répété à l'envi dans les cours de récréation : "c'est celui qui le dit qui l'est" - en variante estudiantine, "premier senteur, premier péteur".

Ce qui n'engage d'ailleurs à rien sur le contenu de leurs discours respectifs, chacun étant après tout libre de s'attiffer (2f ? 2t?) comme il l'entend.

Je profite de l'occasion pour souligner qu'Elio et Didier sont toujours impeccablement sapés, ce qui n'est pas le cas de tous nos représentants légitimes (De Haene en santiags sur son taureau mécanique en était la meilleure illustration).

Écrit par : pacotille | 28/08/2007

... J'aime pas Laruelle (je sais, ça n'a aucun rapport).
Ce qui m'amuse avec Milquet, c'est qu'un jour, elle est passée à la librairie Tropismes où officie ma soeur et qu'elle s'est exclamée, toute guillerette : mais c'est Manu.
Ma soeur, qui ne regarde jamais le journal, n'avait par contre pas reconnu Milquet, avec qui elle suivit toutes ses humanités...
Comme de quoi, la célébrité est une notion bien relative

Écrit par : aldagor | 28/08/2007

.... Puisqu'on est dans le régime "anecdote", je repense ému à celle-ci: mon frère D. (un z/reste de charité m'empêche de citer son prénom) avait une tendance à l'adolescence à prétendre certaines choses qui n'avaient qu'un très partiel fond de vérité. Du style "je connais très bien Monsieur Untel", juste parce qu'il avait vaguement entendu parler de ce type. Jusqu'au jour où il a dit cette phrase magique... à un type qui lui a répondu "c'est moi, Monsieur Untel" :-)

Écrit par : Benoît | 28/08/2007

Condoléances, on n'a pas toujours la fratrie qu'on mérite (je parle en connaissance de cause) ! Moi qui rêvait d'un grand frère ou d'une petite soeur, j'ai été affublé d'un mécréant geignard moche et emmerdeur, mais assorti d'une chance insolente (et d'une insolence non moins chanceuse...) qui lui a toujours permis de se tirer des mauvais pas par une pirouette - ce qui n'était pas mon cas.
Les petits frères sont TOUJOURS des emmerdeurs.

Quant aux soeurs, je ne peux parler en connaissance de cause - et puis, nous sommes des gens de bonne société et non des Materazzi.

Écrit par : pacotille | 28/08/2007

A Serge : je n'aime pas trop Laruelle non plus, même si c'est la seule ministre namuroise qu'il nous reste dans notre province de lum'çons. Elle me donne toujours l'impression d'avoir des sabots de bois (ceci dit sans acrimonie, ayant moi-même des origines paysannes que je ne renie absolument pas).
Mais bon, elle fait un peu Angela Merkel sur scène lors d'un tour de chant de Beyoncé; en tout cas, elle, on ne peut pas dire qu'elle a été désignée ministre pour son physique, comme d'aucuns l'ont laissé sous-entendre pour Laanan et Arena !

Écrit par : pacotille | 28/08/2007

Chacun sa façon de se faire connaître! Laruelle, c'est qui?

Écrit par : Armand | 29/08/2007

Laruelle? La ministre MR de Gembloux qui a racheté chez Troc l'ancienne garde-robe d'Anne-Marie Lizin

Écrit par : Benoît | 29/08/2007

Non, ce n'était pas chez Troc, c'était Les Enfants d'Edouard, quelque part entre l'avenue Louise et la Porte de Namur.
Mais indépendamment de la carrosserie qui n'est pas un modèle d'élégance italienne - c'est le moins que l'on puisse dire -, je la préfère tout de même à l'espèce de réverbère pisse-vinaigre qui tient chaud (c'est à espérer mais on peut en douter) à Ph. Moureaux et qui a un temps "éclairé" de ses lumières - à défaut de son sourire - le ministère de l'éducation nationale - pardon, ce truc démultiplié de la Communauté française qui régit les études (dans ce cas-ci, il s'agissait de l'enseignement supérieur, si mes souvenirs sont exacts).

Écrit par : pacotille | 29/08/2007

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