02/07/2007

Où va-t-on...

Lu sur le fil info du Soir:
Les patrons s'inquiètent des primes de départ

Le montant élevé des primes de départ accordées aux ouvriers d'Opel à Anvers, après celles attribuées aux employés de VW Forest, est une source de grande inquiétude pour la Fédération des entreprises de Belgique. (...) La fédération sectorielle Agoria estime elle aussi que des primes trop élevées nuisent à l'emploi en général et aux éventuels investissements étrangers même si, à court terme, elles peuvent adoucir la détresse des travailleurs touchés par une restructuration.

Mais quel cynisme! Les ouvriers ne peuvent prétendre à des conditions de départ décentes... car cela nuirera à l'emploi!! Ils n'ont pas demandé à perdre leur emploi que je sache. Et on ne les licencie pas pour engager non plus... Mais oui, je comprends: "nuisent aux investissements étrangers": il faut lire "à l'étranger". On licencie  en Belgique pour mieux engager ailleurs et on demande aux ouvriers anversois de faire preuve de solidarité.

C'est vrai après tout, où ira-t-on si les ouvriers commencent à réclamer un parachute doré? Les calculs ont été réalisés scientifiquement pour que les parachutes dorés des cadres ne nuisent pas, eux, à l'emploi mais faut pas exagérer: si on en donne aux ouvriers, là il y a péril.

On nous prend vraiment pour des c...

08:29 Écrit par Beno dans Général | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

moi, tu vois, Benoît,... ... ce qui me dérange dans cette affaire (comme dans de nombreuses autres d'ailleurs), ce n'est pas tant le montant du "dédommagement", c'est le fait que quand il s'agit d'une démonstration de force (qu'elle soit patronale avec restructuration ou licenciement massif, ou syndicale dans la même situation), le politique s'en mêle, la presse aussi, il y a surmédiatisation et cette mise en évidence débouche inéluctablement sur de la surenchère - dans les paroles employées et les indemnités versées.

Alors que l'employé (ou l'ouvrier, qu'importe, la problématique est identique même si le mode de calcul et le montant sont différents, l'ordre de grandeur est pareil) qui se fait licencier à contre-coeur par son patron dans une petite entreprise de 5 personnes parce que le marché ne suit plus, il n'aura pas droit à ce genre d'indemnisation mirobolante.

Par rapport à la seule fois où je me sois fait licencier dans des conditions comparables à celles décrites plus haut, 144000, c'est à peu de choses près le montant que j'avais reçu comme indemnités de licenciement et double pécule. A quatre nuances près : j'avais 4 ans d'expérience dans la boîte, j'étais sous statut d'employé commercial, c'était en '90 ... et c'était en francs belges.
Même avec 17 ans d'inflation, cela reste tout de même confortable, comme "avancée sociale", non, passer de 160.000 à 5.809.000 ex-FB ?

Maintenant, sur le fond, je suis tout à fait d'accord avec ton raisonnement sur les parachutes dorés pour les patrons - avec la circonstance aggravante pour eux qu'ils sont généralement partie prenante dans la mauvaise pente qu'a empruntée leur entreprise.

Personnellement, je serais assez favorable à un système simplissime, basé au demeurant sur le principe que tout Belge est égal (aux autres et devant la loi) : on prendrait une base chiffrée fixe (par exemple le revenu minimum garanti, ou le revenu moyen pour l'ensemble de la région, ou le revenu moyen pour l'ensemble du pays) et on le multiplierait par le nombre de mois auquel donnerait droit l'ancienneté dans l'entreprise. Point barre. Que l'on soit PDG, sous-fifre ou ramasseur d'agrafes par terre dans les couloirs. Cela réglerait à la fois le problème des parachutes dorés et celui des indemnités faméliques. D'autant qu'en général, un PDG n'est pas licencié après 34 ans de service, lui...

Cela dit, ne t'inquiète pas pour ma petite personne : mon licenciement a été le coup de botte au cul salutaire qui m'a, un peu contraint et forcé certes, mis le pied à l'étrier pour monter ma petite entreprise, comme dans la chanson - et je m'en porte très bien aujourd'hui, même si j'ai râlé comme du pus à l'époque parce que j'avais payé pour quelqu'un d'autre. Bénit soit mon crétin de patron de l'époque - ce qui ne lui a pas porté chance : il a été viré par le C.A. dans les 3 semaines...

Mais, vraisemblablement, avec d'autres indemnités que moi !

Écrit par : pacotille | 02/07/2007

... Je suis d'accord avec toi Pacotille.

Petite nuance par rapport aux entreprises de 5 personnes dont tu parles: certes elles ne bénéficient pas de la même médiatisation en cas de licenciement MAIS il est très rare qu'une entreprise de 5 personnes (ou même de 10, 50,...) licencie par cynisme, j'entends par là "malgré des bénéfices importants voir en hausse".

Quant au système simplissime dont tu parles, il est contraire aux principes de base du libéralisme... car il limite la liberté des entreprises de négocier les conditions salariales de leurs dirigeants. Et si on ouvre une brèche pour les patrons, il est normal que les syndicats exigent une même liberté de négociation pour les employés ou ouvriers. Bref, on tourne en rond.

Pour ta situation personnelle, sache que j'ai vécu la même deux fois: non, je n'ai pas été licencié mais j'ai démissionné parce que je me retrouvais face à des patrons incompétents... lesquels ont été licenciés dans l'année qui a suivi. Avec un pactole pour le second.

Écrit par : Benoît | 02/07/2007

Comme tu le vois... ... je ne souscris pas à 100% à la philosophie libérale !
Mais ça, tu aurais pu t'en douter suite au commentaire qui a suivi le petit "jeu" de l'élection française (déterminer à quel parti on s'apparente le mieux) : je fais mon marché un peu partout, selon les thématiques et mes convictions propres.
Et pour la cause, je trouve les parachutes dorés proprement scandaleux (on n'a pas besoin d'un milliard de FB, fût-il brut, pour vivre "décemment", voire heureux ! Et qu'on ne vienne pas me parler de rang à tenir ! Quand on reçoit un parachute doré, c'est par définition parce qu'on est dans un "entre-deux" (rangs) et qu'on ne fait donc plus de représentation !)
En attendant, je sais que dans ma situation, je ne risque pas de me faire licencier pour cause de bénéfices planqués ailleurs ! Je suis assez d'accord avec mon patron, sur pas mal de sujets, d'ailleurs... (;o)))

Écrit par : pacotille | 02/07/2007

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