24/05/2011

Réflexions sur DSK

Ce blog était plongé dans le coma depuis plusieurs mois, années. Je ne peux m'empêcher de le réactiver pour dire (même si le monde se porte aussi bien sans) ce que m'inspire l'affaire DSK.

1. Nafissatou Diallo

Elle n'a ni nom ni statut dans la plupart des conversations, articles, tweets et autres statuts Facebook. Pourtant, elle a un nom. Elle se nomme Nafissatou Diallo et c'est une victime. Victime d'une tentative de viol.

On peut bien sûr respecter la présomption d'innoncence. J'ai personnellement du mal à croire DSK idiot au point de sacrifier son avenir politique sur une pulsion à une heure de prendre un avion. Mais la présomption doit aussi, surtout, valoir pour la victime.

Si l'enquête et le procès devaient révéler une autre vérité (mensonge, manipulation, complot), il sera encore temps de retourner cette présomption dont doit bénéficier la victime. Mais d'ici là, c'est une victime.

 

2. La non-candidature de DSK à la Présidentielle est un épiphénomène.

Un peu de provoc bien sûr dans cette affirmation mais je signe: c'est un drame pour lui et ses proches mais pas pour la France, pour le PS. Ou alors pour une autre raison que cette accusation de viol: le système politique est à ce point perverti qu'on élit (en Belgique aussi dans une moindre mesure) des personnes et non un projet politique.

Que savent les électeurs français de la différence entre le projet de société de DSK, de Martine Aubry, de François Hollande, de Ségolène Royal, de Manuel Valls, d'Arnaud Montebourg? Je ne parle pas ici du charisme, de l'éloquence, du parcours. Je parle d'idées, de valeurs, de projets.

Un personnage charismatique tombe, il cachait une forêt de seconds couteaux qui le sont moins. C'est triste pour les défenseurs d'un projet différent de celui porté par Sarkozy... mais en quoi finalement était-il si différent?

3. L'analyse par les médias français de cette affaire témoigne, enfin, d'un certain mépris pour le reste du monde. Et ça, ça m'écoeure après 10 jours... 10 jours à entendre que la justice américaine ceci, que la presse américaine cela.

Il serait grand temps que certains réapprennent l'humilité et l'ouverture (en ce compris le respect) à d'autres cultures. Non messieurs les bien-pensants, la France n'a pas toujours raison ni raison sur tout. Non, la justice française n'est pas exempte de critiques. Non, la justice américaine n'est pas à jeter à la poubelle.

Rappelons que cette semaine, on nous a rappelé que Jacques Chirac n'est toujours pas jugé dans l'affaire des emplois fictifs qui remontent pourtant à ...1993.

Rappelons que Christine Lagarde est pressentie pour remplacer DSK au FMI alors qu'une enquête pourrait être ouverte sur les circonstances dans lesquelles elle a permis à Tapie de recevoir 285 millions d'euros.

Bref, j'arrête ici: l'idée n'est pas de faire le procès de la justice française (ce serait malvenu alors que la Belgique libère Michèle Martin cette année...), juste de dire qu'aucune pays démocratique ne peut se permettre de juger le fonctionnement d'un autre pays démocratique pour la seule et unique raison qu'un de ces "barons" est mis en difficulté. Un peu d'humilité et moins d'impérialisme d'une époque qui devrait être révolue.

4. Pendant ce temps, on continue à mourir en Syrie et en Lybie. Mais ça, tout le monde s'en fout. Et deux journalistes françaises sont retenus en ôtage pour avoir fait leur boulot. Ca, ça mérite l'ouverture du JT tous les jours, des mobilisations de politiciens, de journalistes et d'analystes.

20:04 Écrit par Beno | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

08/01/2011

Et après?

Depuis plus de 200 jours, nos élus sont dans l'impasse et par conséquent le pays avec lui.

 

Tout le monde s'émeut: la presse, les syndicats, le patronat... Et moi? Au risque d'en décevoir quelques uns, je m'en moque un peu...

 

Je suis Belge, j'en suis fier. Mais si demain la Belgique devait cesser d'exister, ou du moins dans sa forme actuelle, le vivrai-je nécessairement mal? Cela reste à prouver.

 

Bien sûr, il y a les questions économiques, la dette, la sécurité sociale, etc. Mais sur le plan symbolique?

 

Quand mes grands-parents sont nés, l'Europe n'existait pas.

Quand mes parents sont nés, la Région wallonne n'existait pas (pas plus que les autres régions et communautés).

 

Moi, sauf les premières années, celles où du reste je ne me préoccupais pas trop de tout cela, j'ai grandi dans une région - wallonne -, une communauté - française -, un pays - la Belgique -, tout cela noyé dans une Europe où se prennent 70% des décisions que les états se contentent ensuite de retranscrire plus ou moins vite selon les cas dans leur législation nationale.

 

Alors, la Belgique, que représente-t-elle pour moi? Arno? Jacques Brel? Les frites? Pas besoin d'un pays pour cela.

 

Des recherches généalogiques laissent penser que ma famille descend d'un soldat de Napoléon installé dans un village près de Gembloux.

 

Nous ne serions donc pas des "Belges pure souche"... si tant est que cela existe mais peut-être bien français.

 

Sauf que mes frères et moi avons une maladie (pas très grave je vous rassure...) qui serait originaire, ai-je appris récemment, d'une région bien précise d'Italie. Ah, nous serions peut-être bien italiens finalement.

 

Oui, bon, Européen, c'est sûr.

 

Et demain? La Belgique s'efface pour laisser la place à d'autres structures? Nous aurons toujours une monnaie (européenne...), des cours d'eau, un ciel, de belles régions vallonnées, il y aura toujours bien un gouvernement quel que soit son nom pour prendre des mesures qui permettront à notre "pays-région-province-machin-bazar" de fonctionner.

 

Est-ce la fin du monde? Tout au plus la fin d'un projet né dans l'esprit de quelques grandes familles... européennes... au milieu du 19ème siècle.

 

Ce qui me rendrait triste, et plus encore, ce serait que la tradition du compromis, chère à nos élus, ne permette pas d'en finir dans le calme mais qu'on finisse comme les Yougoslaves à s'entretuer sans trop savoir qui a commencé et pourquoi.

 

Parce que ces fameuses affirmations d'élus wallons, qui voudraient que seuls les élus flamands soient séparatistes mais pas leurs électeurs, ne tiennent pas la route quand après plus de trois ans de crise institutionnelle (20 ans diront certains), on prédise un plus grand succès encore à la N-VA en cas d'élections anticipées. Si les électeurs n'étaient pas séparatistes, il y a longtemps qu'ils seraient descendus dans la rue pour dire à Bart "Ça suffit".

 

Alors si demain la Belgique de papa n'existe plus, est-ce que cela m'empêchera d'aller dire bonjour à mes amis à Bruxelles (région à part entière ou pas)? A prendre des vacances à la Côte? A côtoyer des flamands à Durbuy lors d'une sortie moto? Que nenni! J'aurai juste une nouvelle carte d'identité, au format... européen.

 

Benoît

16:23 Écrit par Beno | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

07/09/2008

La phrase du week-end

"Vous savez que je suis d'une modestie légendaire..."

Didjé dans Le Soir.

No comment...

18:41 Écrit par Beno dans Général | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

03/09/2008

Sarah Palin, vous êtes le maillon faible

En choisissant Sarah Palin comme candidate vice-présidente, John Mc Cain pensait surtout...

... au fait qu'elle était jeune... ce qui n'est pas le cas de Joe Bidden

... au fait qu'elle était une femme... ce qui n'est pas non plus le cas de Joe Bidden.

Et oui, tout cela est très calculé: Obama serait le premier président noir? Moi, je vous propose de faire d'une femme la première vice-présidente.

Bien sûr, il n'avait pas pensé que...

... la fille de la gouverneure ultra-conservatrice était enceinte hors-mariage

... sa gestion tendant au népotisme de son administration pourrait l'éclabousser

... accepter des dons en campagne de sociétés poursuivies pour divers délit, ça fait tâche.

Mais bon, Obama a raison: la politique qu'il veut mener ne se situera pas en dessous de la ceinture, on ne doit pas mêler vie privée et vie publique, il faut maintenir la présomption d'innocence.

OK. Mais si les conneries de Palin permettent de mettre les républicains sur le trottoir de la Maison-Blanche, personne ne s'en plaindra :-)

17:30 Écrit par Beno dans Général | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

07/08/2008

Y a-t-il UNE presse?

J'étais en juin dernier président de jury d'un étudiant en RP qui disait, au retour d'un stage en Chine, que la presse nous manipulait. Il parlait du Tibet et nous n'étions bien sûr pas d'accord. Sur le Tibet. Sur la presse également car il parlait de LA presse, comme si l'ensemble des médias était un bloc monolithique, parlant et agissant d'une seule voix.

L'actu judiciaire prouve une nouvelle fois que non, tous les médias ne fonctionnent pas de la même façon.

Exemple par l'image avec le dernier rebondissement dans l'affaire Maddie. Elle aurait été enlevée par un réseau pédophile belge. C'est ce qu'affirmeraient - sans le prouver - certains policiers britanniques.

Le Soir:

lesoir

La Libre:

llb

La DH:

dh

RTL Info:

rtl

Si le Soir emploie le conditionnel ET un point d'interrogation, La Libre Belgique réagit en deux temps: premier temps affirmatif "Maddie victime d'un réseau pédophile belge" puis peu après on met un bémol: "Pas d'information sur un réseau pédophile belge".

La DH ne s'encombre pas de balises: pas de conditionnel, pas de point d'interrogation dans le titre. La police le dit (ou plutôt une partie de la presse britannique dit que la police le dit) donc c'est vrai.

Idem pour RTL qui, en guise de preuves?, met la une d'un journal britannique.

Chacun est libre d'acheter la presse qu'il veut... mais je resterai abonné au Soir!

13:54 Écrit par Beno dans Général | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

06/08/2008

C'est bien vrai!

Pour une fois, je suis bien d'accord avec RTL. En tout cas avec la première phrase de cette info:

"Un drame comme on vous en relate malheureusement trop souvent (...)"

La solution est simple: arrêtez de relater ce type d'info !

13:49 Écrit par Beno dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

04/08/2008

La phrase du jour

"C’est une vaste rumeur que je n’ai jamais entendue"

Pierre-Yves Jeholet, dans le Pan à propos de la rumeur selon laquelle Reynders aurait bloqué le choix de Louis Michel comme médiateur.

De deux choses l'une: ou bien la rumeur est vaste mais Monsieur Jeholet est sourd... ou il n'y pas pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. Parfois, il vaut mieux se taire que de dire des conneries. Sur ce, je vous laisse :-)

13:00 Écrit par Beno dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |